Un socle commun d'information et de responsabilité
Quel que soit le type de crypto-actif, le livre blanc doit fournir une information complète permettant de comprendre le projet.
Il doit notamment contenir des informations sur l'émetteur, le crypto-actif, les droits attachés à sa détention, les modalités de l'offre, la technologie utilisée, les risques ainsi que les incidences environnementales.
Les informations doivent être " loyales, claires et non trompeuses ", sans omission substantielle, conformément à l'article 6 du règlement pour les crypto-actifs autres que les jetons se référant à un ou des actifs ou les jetons de monnaie électronique.
Cette exigence s'accompagne d'une responsabilité directe des dirigeants, qui doivent attester de la conformité du document. Le livre blanc constitue ainsi un véritable engagement juridique.
En principe, ce document n'est pas approuvé par une autorité compétente, ce qui le distingue des prospectus financiers. Il doit d'ailleurs comporter une mention explicite en ce sens pour les crypto-actifs relevant du titre II.
Un niveau de contrôle différencié selon les catégories de crypto-actifs
Le règlement MiCA distingue clairement plusieurs régimes.
Pour les crypto-actifs classiques, le régime est essentiellement déclaratif. Le livre blanc est rédigé, notifié à l'autorité compétente, puis publié, sans approbation préalable.
S'agissant des jetons de monnaie électronique, l'émission est réservée à des entités déjà régulées - établissements de crédit ou établissements de monnaie électronique - conformément à l'article 48. Le livre blanc doit être notifié et publié, mais il ne fait pas l'objet d'une approbation formelle par l'autorité compétente.
En revanche, le régime applicable aux jetons se référant à un ou des actifs est sensiblement plus strict. Leur émission est subordonnée à un agrément spécifique, et le livre blanc doit être soumis à l'autorité compétente et approuvé avant publication, conformément notamment aux articles 16, 17 et 18.
Il en résulte une différence fondamentale : seul le livre blanc des jetons se référant à un ou des actifs fait l'objet d'une validation formelle par l'autorité.
Un contenu renforcé pour les crypto-actifs à vocation stable
Si les livres blancs reposent sur un socle commun, leur contenu varie en fonction des caractéristiques du crypto-actif.
Pour les crypto-actifs classiques, le document est principalement centré sur la description du projet et de son utilité.
Les jetons de monnaie électronique introduisent une dimension monétaire. Le livre blanc doit notamment préciser les droits de remboursement des détenteurs à valeur nominale, conformément à leur nature de substitut monétaire.
Les exigences sont encore renforcées pour les jetons se référant à un ou des actifs. Le livre blanc doit alors inclure des informations détaillées sur le mécanisme de stabilisation, la composition et la gestion de la réserve d'actifs, ainsi que les droits des détenteurs, notamment en matière de remboursement.
Le document revêt ainsi une dimension financière et prudentielle nettement plus marquée.
Conclusion
Le livre blanc MiCA ne constitue pas un document uniforme, mais un instrument adaptable au niveau de risque du crypto-actif concerné.
S'il repose sur une exigence commune de transparence et de responsabilité, son contenu et son encadrement varient sensiblement selon la catégorie de crypto-actif.
Le règlement met ainsi en place une gradation claire : régime déclaratif pour les crypto-actifs classiques, encadrement par le statut réglementé pour les jetons de monnaie électronique, et contrôle renforcé avec approbation du livre blanc pour les jetons se référant à un ou des actifs.
Le livre blanc apparaît dès lors comme un outil central de la régulation, à la fois instrument d'information pour les investisseurs et levier de responsabilisation des émetteurs.